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Thierry Zéno (1971-1979) - front cover

Thierry Zéno

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Thierry Zéno (1971-1979)

Cinematek - septembre 2021 / Exclu française Metaluna Store

Titre original : 
Audio
: Français, Anglais, et Allemand
Sous-titres : Français, Néerlandais, Anglais
Durée
Format : DVD
Zone : Toutes zones
Genre

Synopsis
Le cinéaste et plasticien belge Thierry Zéno a laissé une œuvre sulfureuse et fascinante à maints égards. Il fut révélé par Vase de noces, un film déroutant sous l'influence de Rops et de Pasolini, sur le mal de vivre d'un solitaire, amoureux d'une truie. Des morts, documentaire aux séquences choc, entre ethnologie du morbide et avidité du voyeur, reste sans doute la confrontation cinématographique la plus franche avec la mort. Cette édition comprend également le premier film de Zéno, Bouche sans fond ouverte sur les horizons, un documentaire sur l’œuvre d’un peintre schizophrène interné dans un hôpital psychiatrique.

Contenu et Bonus

DVD 1
Vase de noces (1974, 78')
« Un homme aime une truie. Des porcelets naissent. Il les pend. Désespérée la mère se suicide. Viendront ensuite la traversée de la pourriture, la dévoration de la merde, puis la disparition de l’homme, corps volant dans le ciel ». Peu de films, au travers de quelques phrases brutes, parviennent à susciter à ce point un malaise, un sentiment d’abjection. Et pourtant, malgré la précision du texte de Jacqueline Aubenas, aucune description préalable ne prépare réellement au choc - physique, mental, cinématographique - qu’est Vase de noces. A 24 ans, après ses études de réalisation à l’IAD, Thierry Zéno tourne ce long métrage sans dialogues et en noir et blanc, avec Dominique Garny – le fabuleux alchimiste-ermite du film - et Jean-Pol Ferbus. Projeté et primé en 1974 lors de la dernière édition du Festival EXPRMTL 5 de Knokke, cette fable métaphysique, poétique et subversive parcourt le monde et les décennies, suscitant rejet et fascination. Dans l’exposition « La Belgique visionnaire » en 2003 au Palais des Beaux Arts de Bruxelles, Harald Szeemann (commissaire et membre du jury à Knokke) lui allouera une place de choix entre La femme au cochon de Félicien Rops et les cochons tatoués de Wim Delvoye. (Muriel Andrin, Université Libre de Bruxelles).

Des morts (1979, 99') 
S’inscrivant dans la riche lignée du documentaire ethnographique, Des morts et son titre limpide nous emmènent sur trois continents et dans six pays (aux Etats-Unis, au Mexique, en Belgique, Corée du Sud, Thaïlande et au Népal) pour y découvrir le monde troublant des rituels mortuaires. Signé par Zéno, Garny et Ferbus, épaulés par Alain Pierre pour la musique, le film s’ancre dans une minutieuse recherche bibliographique préalable aux deux ans de tournage, puis au montage qui durera un an, à partir de 30 heures de pellicule. Celui-ci confronte les variations culturelles, le rapport intime et familial aux rituels commerciaux et brutalement industriels. Influencé par le cinéma direct, sans aucun commentaire, le film partage avec Vase de noces l’idée de choc cinématographique et de limites du représentable. Cette vision de la mort au travail tient d’une beauté sublime et parfois difficilement soutenable. Car les corps soignés, lavés, figés ou pourrissants, qui brûlent sous la chaleur du feu, s’étiolent à l’air libre, se transforment sous le travail des insectes – sont bien des corps humains comme les nôtres, nous renvoyant inexorablement à notre propre finitude. Film thanatologique, expérience unique et profondément marquante, Des morts explore ainsi sans ciller ce qu’Amos Vogel nommait le dernier grand tabou du cinéma. (Muriel Andrin, Université Libre de Bruxelles).

Bouche sans fond ouverte sur les horizons (1971, 26')
En 1971, Thierry Zéno fait le portrait fascinant de l’artiste Georges Moinet dans un moyen-métrage en 16mm. Schizophrène, résidant dans un hôpital psychiatrique près de Namur, Moinet peint. Après être resté mutique durant 24 ans, il choisit cette rencontre cinématographique pour expliquer sa démarche artistique, mettant au jour les fondements de sa cosmogonie personnelle. Mais cette longue logorrhée trouble plus qu’elle ne donne accès à des clés de lecture possibles, se transformant peu à peu en une sorte de musique qui se mêle aux sons et au brouhaha lointains et invisibles de l'hôpital. Avec Alessandro Ussai à l'image et Roger Cambier au son, Zéno s'approche au plus près de Moinet, pour mieux le saisir dans toute sa démesure démiurgique, sa marginalité mais aussi son humanité, déconstruisant dans une série de plans très serrés l'homme et ses toiles. Déjouant subtilement toute perspective didactique traditionnellement associée au film sur l’art, Zéno nous confronte à l’art brut, comme il le fera plus tard, à la peinture de Rops ou au langage de Ionesco ; son film, par ses choix esthétiques, reconstitue le choc de sa rencontre avec l’artiste et témoigne, déjà, de l’entrée dans les marges de son cinéma. (Muriel Andrin, Université Libre de Bruxelles).